Adapter à tous les âges

Adapter les jeux à tous les âges : lecture, équipes et versions assises

Une enfant de sept ans, deux ados, leurs parents et une grand-mère de quatre-vingt-quatre ans peuvent tous apprécier le même jeu, mais rarement par hasard. Quelques petits ajustements respectueux font fonctionner presque n’importe quel jeu pour toute la tablée.

Par l’équipe éditoriale de Gather & Play Dernière mise à jour: 8 min de lecture

La réponse courte

Pour adapter les jeux à tous les âges, changez le format, pas les joueurs. Lisez les cartes à voix haute pour que personne n’ait à lire, permettez à chacun de jouer en binôme, proposez à tous une version assise de chaque jeu, supprimez ou allongez les minuteurs, et mettez des âges différents dans la même équipe plutôt que face à face.

Le principe : adapter le jeu, pas la personne

Il y a deux façons d’inclure quelqu’un dans un jeu. La première consiste à faire une exception pour lui : « Papi peut juste regarder », « tu n’es pas obligée de suivre les règles, ma chérie ». La seconde consiste à modifier légèrement le jeu pour tout le monde, de sorte que personne n’ait besoin d’exception.

La seconde est meilleure dans tous les cas. Elle est plus juste, moins gênante, et elle rend généralement le jeu meilleur pour tout le groupe. Un minuteur plus long aide l’enfant de six ans, et aussi l’adulte qui n’a jamais joué. Des cartes lues à voix haute aident l’enfant qui ne sait pas encore lire, l’oncle qui a oublié ses lunettes et la cousine qui apprend encore le français.

Dans tout ce guide, la question n’est donc jamais « de quoi cette personne est-elle capable ? ». C’est « qu’est-ce que ce jeu exige, et lesquelles de ces exigences pouvons-nous assouplir pour toute la tablée ? ».

Chaque jeu demande un mélange de cinq choses : la lecture, la rapidité, le mouvement, les connaissances et l’assurance. Adapter un jeu, c’est baisser un ou deux de ces curseurs.

L’aide à la lecture

La lecture est l’obstacle caché le plus fréquent. Elle touche les jeunes enfants, les personnes qui voient mal, les personnes dyslexiques et toute personne qui joue dans une langue seconde, et c’est l’obstacle le plus facile à lever.

  • Lisez tout à voix haute. Faites-en la norme : l’animateur, ou le joueur de gauche, lit chaque carte à la tablée. Beaucoup de nos jeux fonctionnent déjà ainsi ; chaque page de règles comporte une ligne « Lecture » qui précise exactement qui doit lire quoi.
  • Chuchotez les cartes secrètes. Aux Mimes ou à Indices en deux mots, une carte secrète peut être chuchotée au lieu d’être montrée.
  • Utilisez des images quand elles existent. Décris et dessine utilise des images simples, pas du texte.
  • Imprimez en grand. Chaque document à imprimer a une option en gros caractères ; notre guide pour imprimer des cartes de jeu explique comment l’utiliser.
  • Lisez deux fois. Une carte lue une seule fois se perd souvent dans le bruit. Deux fois, lentement, c’est une politesse envers tout le monde.
  • Choisissez des jeux parlés. Douze jeux de notre bibliothèque se jouent entièrement à la voix ; ils sont réunis dans les jeux sans matériel.

Ce qu’il ne faut pas faire : demander « tu sais lire ça ? » devant le groupe. Lisez, tout simplement.

Le jeu en binôme, au choix

Jouer en binôme ou en équipe est l’adaptation la plus efficace pour les groupes d’âges mêlés, parce qu’elle baisse trois curseurs à la fois : la rapidité, les connaissances et l’assurance.

Le binôme comme un seul joueur. Dans tout jeu à tours individuels (Vingt questions, Catégories, L’intrus), laissez un jeune enfant et un adulte jouer ensemble comme un seul joueur. Ils se concertent à voix basse et donnent une seule réponse. L’enfant est pleinement dans le jeu, et personne ne l’a ralenti.

Proposez le binôme à tous, pas seulement aux plus jeunes. « Ceux qui veulent faire équipe pour celui-ci, trouvez-vous un partenaire » permet à un adulte nerveux ou à un grand-parent fatigué de se mettre à deux sans que l’âge entre en jeu.

Mélangez toujours les équipes. Dans les jeux en équipes, ne faites jamais jouer les enfants contre les adultes, ni une génération contre une autre. Comptez autour de la pièce pour que chaque équipe ait un éventail d’âges. Les équipes mixtes sont plus justes (rapidité et connaissances s’équilibrent) et elles créent entre les générations les conversations qui sont la raison d’être de la réunion.

Mimez à deux. Dans les jeux de mime, deux personnes peuvent mimer une même carte. Les Mimes à l’envers l’intègrent d’office : toute l’équipe mime en même temps, donc personne n’est seul sur scène.

Laissez les enfants animer. Un enfant de huit ans ou plus peut lire les règles rapides, tenir le minuteur et trancher les litiges. C’est un vrai travail, et cela convient aux enfants qui supportent mal de perdre.

Les versions assises

Ne présumez jamais de qui voudra rester assis. Certaines personnes de quatre-vingts ans veulent mimer « un pingouin par une journée de canicule », et certaines de trente ans ont un genou fragile dont elles n’ont pas parlé.

  • Proposez la version assise à toute la pièce, à chaque fois. « Vous pouvez faire ça depuis votre chaise ou debout, comme vous voulez. » Quand l’offre est générale, personne n’a à demander un traitement particulier.
  • Vérifiez avant de choisir. Chaque page de règles indique si un jeu se joue assis, debout au choix ou debout, et décrit une adaptation assise quand elle fonctionne vraiment. Dans la recherche de jeux, « assis uniquement » n’affiche que les jeux jouables entièrement depuis une chaise.
  • Utilisez des cartes adaptées à la position assise. Dans le paquet de mimes, chaque carte qui peut se mimer avec les mains, le visage et le haut du corps seulement est signalée.
  • Amenez le jeu jusqu’aux sièges. Disposez les chaises pour que les personnes qui restent assises soient au cœur de l’action, pas en bordure.
  • Remplacez le mouvement par des signes. Dans Tu préfères ? joué avec toute la pièce, lever la main gauche ou droite remplace le fait de se déplacer d’un côté de la pièce.

Rythme, minuteurs et points

Les minuteurs. Un minuteur ajoute de l’excitation pour certains joueurs et de l’angoisse pour d’autres. Dans un groupe d’âges mêlés, allongez-le (quatre-vingt-dix secondes au lieu de soixante) ou supprimez-le et laissez chaque tour se terminer naturellement. Si vous gardez un minuteur, utilisez la même durée pour tout le monde.

Le temps de réflexion. Avant les jeux qui demandent des idées, comme Deux vérités, un mensonge, accordez à toute la tablée une minute de calme. Jeunes enfants comme personnes âgées s’en sortent mieux avec un moment pour se préparer.

La difficulté. Laissez les joueurs choisir leur niveau au lieu de l’imposer. Aux mimes, étalez des cartes faciles et difficiles et laissez chaque mime choisir. Les enfants choisissent souvent « difficile », et c’est à eux d’en décider.

Les points. Trois approches fonctionnent bien pour tous les âges :

  1. Uniquement des scores d’équipe, pour que personne ne soit dernier.
  2. Des objectifs coopératifs (« est-ce qu’on peut, tous ensemble, dépasser douze ? ») à la place de la compétition.
  3. Pas de points du tout. Beaucoup des meilleurs jeux tous âges, comme l’Histoire mot à mot, n’en ont jamais eu.

Évitez de donner à quelqu’un une avance visible. Les enfants le remarquent, et les grands-parents aussi.

Éviter les stéréotypes et les a priori

C’est ici que les bonnes intentions dérapent le plus souvent.

  • N’attribuez pas les rôles selon l’âge. « Les jeunes miment et les grands-parents arbitrent » décide à la place des gens de ce dont ils sont capables. Demandez qui veut faire quoi.
  • Ne simplifiez pas sans qu’on vous le demande. Proposer d’office une version plus facile à un adulte est une petite vexation. Rendez l’option accessible à tous et laissez chacun choisir.
  • Ne présumez rien sur la mémoire, l’audition ou l’endurance. Les individus diffèrent bien plus que les tranches d’âge. Répéter une carte deux fois est une bonne pratique pour tout le monde, quel que soit l’âge.
  • Ne réduisez pas le plus jeune à son côté « mignon ». Un enfant qui prend le jeu au sérieux mérite d’être pris au sérieux.
  • Gardez un contenu général. Évitez les cartes qui reposent sur l’argot du moment, sur des applications précises ou sur des références de la jeunesse d’une seule génération. Les cartes de ce site ont été écrites pour les éviter.
  • Aucune promesse médicale. Nous choisissons et adaptons les jeux pour qu’ils soient confortables et agréables. Nous ne laissons pas entendre qu’un jeu soigne, prévient ou améliore un problème de santé, et nous nous méfierions de quiconque le prétend.

Dans le doute, demandez à la personne, en privé et simplement : « Tu préfères mimer, deviner ou compter les points ? »

Un tableau d’adaptation rapide

Le jeu demande…Baissez le curseur en…
De la lectureLisant les cartes à voix haute ; chuchotant les secrets ; imprimant en gros caractères
De la rapiditéAllongeant ou supprimant le minuteur ; laissant un temps de réflexion
Du mouvementProposant la version assise à tous ; utilisant des signes de la main
Des connaissancesChoisissant des catégories larges ; jouant en binôme ; mélangeant les équipes
De l’assuranceMimant à deux ; jouant en petits groupes ; permettant vraiment de passer son tour

Pour des suggestions de jeux déjà choisies dans cet esprit, voyez les jeux pour réunions de famille, les jeux pour seniors et nos idées de soirée jeux en famille.

Réponses rapides

Quels jeux fonctionnent pour tous les âges ?

Les Mimes avec des manches par catégorie, l’Histoire mot à mot, Décris et dessine en binômes adulte-enfant, Vingt questions, Tu préfères ? et Points communs fonctionnent tous à partir de sept ans environ. Chacun peut se jouer assis, demande peu de lecture et met des générations différentes dans le même camp.

Comment rendre un jeu équitable entre enfants et adultes ?

Mélangez les âges dans chaque équipe au lieu de faire jouer les enfants contre les adultes, laissez un enfant et un adulte jouer comme un seul joueur quand les tours sont individuels, gardez la même durée de minuteur pour tous et comptez les points par équipe ou de façon coopérative. Évitez les avances visibles.

Comment faire participer de jeunes enfants qui ne savent pas lire ?

Lisez chaque carte à voix haute, chuchotez les cartes secrètes et mettez l’enfant en binôme avec un adulte, comme un seul joueur. Des jeux comme l’Histoire mot à mot, les Mimes et Tu préfères ? ne demandent aucune lecture aux joueurs.

Comment inclure les aînés de la famille dans les jeux de soirée ?

Proposez une version assise de chaque jeu à toute la pièce, lisez les cartes deux fois à voix haute, supprimez la pression du temps et laissez chacun choisir son rôle. Demandez-leur ce qu’ils aimeraient faire ; ne décidez jamais à leur place en fonction de l’âge.

En savoir plus sur les jeux de soirée

Jeux cités dans ce guide

Mimer un mot ou une expression sans parler pour que votre équipe le devine avant la fin du chrono.

  • 4 à 20 joueurs
  • 20 à 45 min
  • Aucun matériel
  • Variante assise
Jouer maintenant

Raconter une histoire ensemble, un mot par personne, et essayer de l’amener à une fin qui tient debout.

  • 3 à 12 joueurs
  • 5 à 20 min
  • Aucun matériel
  • Se joue assis
Jouer maintenant

Décrire une image simple uniquement avec des mots pour qu’un partenaire, qui ne la voit pas, la dessine le plus fidèlement possible.

  • 2 à 16 joueurs
  • 10 à 25 min
  • Papier et stylo
  • Se joue assis
Jouer maintenant

Choisir entre deux possibilités, défendre son choix et découvrir qui, autour de la table, pense comme vous.

  • 2 à 30 joueurs
  • 10 à 30 min
  • Aucun matériel
  • Se joue assis
Jouer maintenant

Trouver une personne, un lieu ou une chose secrète en posant au maximum vingt questions auxquelles on répond par oui ou par non.

  • 2 à 10 joueurs
  • 10 à 25 min
  • Aucun matériel
  • Se joue assis
Jouer maintenant

En petit groupe, trouver trois choses que vous avez tous en commun et que personne ne pourrait deviner rien qu’en vous regardant.

  • 4 à 40 joueurs
  • 10 à 20 min
  • Aucun matériel
  • Variante assise
Jouer maintenant